Isao Yoshino : Les mauvaises nouvelles d’abord

Après l’article sur la patience et le sérieux ainsi que celui sur l’Hoshin Kanri, voici la traduction du troisième et dernier article de Cécile Roche suite à la visite de Mr Yoshino :


Troisième leçon : grâce à Mr Yoshino, j’ai changé d’avis. N’est-il pas dit que changer d’avis est le seul moyen d’apprendre vraiment ? Je rêve d’avoir un peu appris…

« Les mauvaises nouvelles d’abord ». J’ai eu beaucoup de difficultés à admettre moi-même cette devise, même si elle a été souvent prononcée par mon Sensei. Je pensais (et je le crois toujours) que les bonnes nouvelles sont essentielles à la motivation. Je pensais (et je le crois toujours) que se focaliser sur les faiblesses des personnes n’est pas le meilleur moyen de les faire progresser, et qu’au contraire, il est plus efficace de renforcer leurs points forts.

Et donc, je ne comprenais pas ce « mauvaises nouvelles d’abord ». Mais j’étais passé à côté de quelque chose.

« Les mauvaises nouvelles d’abord », ce n’est pas pour les équipes, mais pour les managers.

Si on considère que le rôle des managers doit évoluer, et que leur première responsabilité est de servir leurs équipes, le « mauvaises nouvelles d’abord » prend une dimension totalement différente.

Les équipes n’ont pas besoin d’aide sur ce qui se passe bien. Les équipes ont besoin d’aide pour apprendre à résoudre leurs problèmes. Et avant cela, elles ont besoin de savoir ce qui est, et ce qui n’est pas un problème. Ainsi, travailler en flux permet d’instaurer un système qui montre clairement à tout le monde quelle est la prochaine étape et si l’étape actuelle est OK ou KO. Ce qui signifie que les managers n’ont plus à le faire. Ils peuvent donc changer leur rôle de « responsable des priorités » à « aidant » pour leurs équipes.

La partie la plus difficile finalement, pour les équipes comme pour les managers, est d’accepter de montrer leurs problèmes. On a tellement baigné dans une culture de recherche de coupable, où le messager (porteur de mauvaises nouvelles) était sacrifié, que montrer ses problèmes reste aujourd’hui tabou.

Paradoxalement, les managers clamant haut et fort « les mauvaises nouvelles d’abord » envoient un message extrêmement positif à leurs équipes. Ils leur signifient d’abord « il est normal d’avoir des problèmes », puis « je suis là pour vous aider ».

« Les mauvaises nouvelles d’abord » est un signe de respect des personnes. Surprenant n’est-ce pas ?

3 réflexions sur “Isao Yoshino : Les mauvaises nouvelles d’abord

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